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Title: La Méditerranée : cimetière, scène de crime, territoire de lutte Author: ravages Date: 12/04/2023 Weight: 7 Slug: mediterranee Numero: 3
Voici une conversation/interview avec notre amie Sophia, autour de la Méditerranée. À l'intérieur on trouve des concepts forts tels que « apartheid des mobilités », « refoulements par procuration » et « autonomie des migrations » qu'on oubliera pas de sitôt. Le tout dans un mélange captivant de colère et lucidité, que nous appellerons de la combativité !
Salut Sophia ! Je suis très content de te retrouver ! Nous nous sommes rencontré.es pour la première fois au Transborder Camp à Notre-Dame-Des-Landes en 2022, nous nous sommes revu.es à l'occasion d'un week-end organisé par le réseau Welcome to Europe (w2eu.info) et aujourd'hui nous allons papoter pour Ravages. Je sais que tu es l'autrice de diverses publications sur la migration 1, l’externalisation des frontières et la liberté de circulation. Je sais aussi que tu travailles pour le CMRCC (Civil Maritime Rescue Coordination Centre) et que tu es impliquée dans les activités d'Alarm Phone et du bateau Louise Michel.
Ravages : Nous allons donc parler Méditerranée. Il y a vraiment beaucoup de questions que je voudrais te poser et je ne sais pas par où commencer. Pourrais-tu nous dresser un tableau d'ensemble ?
Sophia : Je peux essayer. Comprendre ce qui se passe en Méditerranée implique d’abord de sortir d’un discours naturalisant et fataliste. On entend souvent parler de « tragédies », comme si le sort des personnes exilées en Méditerranée dépendait de leur combat avec des forces naturelles immaîtrisables. Or, les naufrages, les morts et les disparitions, ce sont les conséquences directes des politiques élaborées en toute conscience par les États européens, avec la complicité de certains États du Sud. Ce sont ces politiques racistes et meurtrières qui, dans une logique d’apartheid de la mobilité 2, transforment les personnes exilées en corps indésirables et font le tri entre celles et ceux dont la vie compte et les autres. D’après les estimations de l’Organisation mondiale pour les migrations, on a atteint ce chiffre ahurissant de 30mille personnes mortes ou disparues en Méditerranée depuis 2014. Ce chiffre, qui recouvre une multitude de vies brisées et de familles endeuillés ne tient pas compte de tous les naufrages qui ne sont pas documentés, ni de tout ce qui se passe sur la route Atlantique où, rien qu'en 2024, presque 10 000 personnes auraient disparu, selon l'ONG Caminando Fronteras. Le bilan est donc encore plus lourd.
R. : Un énorme cimetière...
S. : Pire que ça ! Au lendemain du naufrage de Pylos (Grèce) qui, le 14 juin 2023, a coûté la vie à plus de 600 personnes en raison de la non-assistance des États européens, la société civile n’a cessé de le répéter : la Méditerranée n’est pas seulement un cimetière, mais une scène de crime ! Cela fait maintenant plus de 30 ans que l’Europe s’arroge un droit de laisser-mourir et même un permis de tuer à ses frontières maritimes, en adoptant une double stratégie. D’une part en militarisant ses frontières pour tenter d’empêcher les personnes exilées d’arriver sur le sol européen, et d’autre part en externalisant ses frontières, c’est-à-dire en sous-traitant les interceptions à des acteurs non-européens. Tout ça bien que l’on sache que ces politiques ne fonctionnent pas : très coûteuse en vie humaines (et coûteuse pour le contribuable européen, avec des milliards d’euros qui sont réalloués du social au sécuritaire), elles ne font que déplacer les routes migratoires, sans les arrêter, poussant les personnes exilées à emprunter des voies de plus en plus dangereuses. Cette dynamique est particulièrement visible en Méditerranée : Au fil des tentatives de fermeture des différentes routes (d’abord avec l’accord UE-Turquie en 2016, puis avec le soutien aux garde-côtes libyens à partir de 2017 et le renforcement des contrôles le long de la route tunisienne à partir de 2022), les routes se sont déplacées jusqu’en Atlantique, où on a pu constater une très forte augmentation des départs depuis 2020.
R. : On dirait que les routes migratoires se modifient selon le principe des vases communicants : si ça bouche à un endroit, ça se remplit à un autre.
S. : C'est un peu plus compliqué que ça. Il faut toujours se rappeler que les facteurs qui influencent les parcours migratoires sont multiples et complexes et que les personnes exilées ont leur propre agentivité, c'est-à-dire leur propre capacité à être maîtres de leurs existences. Bien sûr, leur mobilité est contrainte par ces politiques migratoires très violentes dont on a déjà parlé. Il ne s’agit pas de minimiser cet aspect, mais de reconnaître que les personnes en mouvement, en continuant inlassablement de transgresser les frontières, obligent constamment les politiques et les pratiques frontalières à changer et à se repositionner. Idem avec les pratiques de solidarité qui ne cessent de s’adapter aux nouvelles contraintes : tout est en mouvement !
R. : Un tableau très complexe, et mouvant en plus, dans lequel il n'est pas simple de se situer et d'intervenir.
S. : Oui, la Méditerranée est un vrai espace de lutte, avec plein de protagonistes et où tout bouge très vite. C’est un espace proprement politique, qui ne peut se réduire à une approche purement humanitaire. La meilleure approche pour moi est celle de l’ « autonomie des migrations » qui implique de reconnaître les personnes exilées comme étant les actrices de leur mobilité et non simplement comme des victimes. C’est également essentiel pour situer nos luttes et réfléchir à notre place en tant que soutien dans le combat pour la liberté de circulation de toutes et tous et tenter de se tenir à distance de la figure de la sauveuse / du sauveur blanc qui découle d’un héritage colonial et d’une tradition fortement ancré dans le monde de l’humanitaire..
R. : Selon la presse 3, les débarquements sur les côtes de l'Italie du Sud ont drastiquement baissé l'année dernière (2024). Qu'est-ce que tu peux nous dire à cet égard ?
S. : Regarder de plus près la situation en Méditerranée centrale fournit un bon exemple pour comprendre la frontière maritime comme espace de lutte. La Méditerranée centrale c’est la route qui part de Tunisie et Libye (plus rarement d’Egypte) en direction principalement de l’Italie (ça fait maintenant plusieurs année que Malte fait tout pour éviter toute arrivée sur l’île). En 2024, on a effectivement enregistré moins d’arrivées que les années précédentes. 65 000 personnes sont arrivées en Italie par cette route, tandis que plus de 21 000 personnes ont été refoulées en Libye après avoir été interceptés par les garde-côtes libyens, soutenus et équipées par l’UE. Des camarades de la société civile tunisienne estiment que plus de 60 000 autres personnes ont été interceptées et renvoyées en Tunisie, pays qui, à l’instar de la Libye, est tristement connu pour les violences et les violations de droits commises à l’encontre des personnes exilées – qu’il s’agisse de détention arbitraire, refoulements dans des zones désertiques, violences sexuelles…C’est ce qu’on peut appeler un « régime de refoulement par procuration » : dans le cadre de différents accords, les garde-côtes tunisiens et libyens reçoivent un soutien financier, logistique et matériel leur permettant d’augmenter fortement leur présence en mer et d’effectuer un nombre croissant d'interceptions, afin de ramener des personnes dans les pays qu’elles tentent désespérément de fuir. Ce qu’on constate depuis plusieurs années, c’est que les autorités des États européens se sont progressivement déchargées de leurs responsabilités en termes de recherche et de sauvetage, se contentant dans la majorité des cas de surveiller la Méditerranée depuis les airs, et d’alerter les garde-côtes libyens et tunisiens des départs, pour que les embarcations soient interceptées avant qu’elles ne puissent atteindre les eaux territoriales européennes.
R. : C'est ce que fait Frontex, dont le budget se chiffre en milliards et ne cesse d'augmenter.
S. : En effet, c’est notamment le rôle de Frontex de surveiller la mer à l'aide de drones et d'avions, dans le but de faciliter les refoulements. Mais il y a aussi des bateaux marchands qui régulièrement sont chargés par les États européens de refouler des personnes vers la Libye, la Tunisie ou l’Égypte. Cela en violation du droit international qui interdit formellement de renvoyer des personnes dans un lieu où elles risquent d’être persécutées. Sur la ligne téléphonique d’Alarm Phone, nous sommes régulièrement en contact avec des bateaux sur le point d’être refoulés. C’est toujours une situation très compliquée. Les personnes disent souvent qu’un renvoi en Libye, par exemple, est pire que la mort…
R. : Mais en mer il n'y a pas que les bateaux des personnes exilées et ceux des flics qui les pourchassent.
S. : Bien sûr, heureusement ! En Méditerranée centrale, il y a un autre type d’acteur présent : les organisations civiles de sauvetage en mer. Il s’agit d’un ensemble d’acteurs qui travaillent ensemble à dénoncer les politiques européennes de non-assistance et de sous-traitance, et qui se mobilisent pour combler les manquements des États en matière de recherche et de sauvetage. Il y a Alarm Phone qui reçoit les appels, trois avions civils chargés de repérer les embarcations en détresse, et plus d’une vingtaine de bateaux qui peuvent soutenir les personnes en mer, soit en les embarquant, soit en accompagnant leur bateau jusqu’à destination. Ces acteurs se sont rassemblés sous l’appellation provocatrice de « Civil MRCC » ( Centre de coordination de sauvetage de la société civile), pour dénoncer et lutter contre les politiques de laisser mourir.
R. : Et comme on le voit, ces acteurs sont de plus en plus criminalisés…
S. : Exactement… Depuis plusieurs années, cette flotte civile est criminalisée par les gouvernements, accusée de créer un supposé « appel d’air ». Ce qui d’une part est faux et d’autre part détourne complètement l’attention des manquements des États européens en matière de recherche et sauvetage, et de leur responsabilité dans l’instauration d’un régime d’apartheid des mobilités. Tout est fait pour limiter l’action des acteurs civils.On se souvient de la politique de fermeture des ports de l’État italien en 2019 et de l’entrée en force du Sea Watch avec sa capitaine Carola Rackete dans le port de Lampedusa, après avoir attendu deux semaines en mer avec 42 survivant.es. Aujourd’hui, l’Italie post-fasciste de Meloni continue de s’acharner, en multipliant les stratégies pour maintenir les bateaux d’ONG loin des zones opérationnelles, notamment en les empêchant de procéder à des secours multiples et en leur assignant des ports très éloignés pour le débarquement des personnes secourues. Malgré ces attaques, les acteurs civils continuent à faire vivre la solidarité en Méditerranée. Comme pour les personnes exilées, lorsqu’une nouvelle frontière ou un obstacle s’érige, nous nous adaptons, nous trouvons un moyen de le contourner pour continuer tant bien que mal à accompagner les personnes exilées dans leurs tentatives de traversée.
R. : Tu peux m'en dire plus sur Alarm phone ?
S. : Alarm Phone, c’est un réseau transnational d’activistes basé.es un peu partout autour de la Méditerranée, dont l’activité principale est de tenir une ligne téléphonique solidaire avec les personnes en détresse en mer. Le réseau a été créé en 2014, un an après un naufrage qui a eu lieu en octobre 2013, et qui a coûté la vie à 268 personnes. Le bateau avait coulé après avoir essuyé les tirs d’un navire libyen. Les garde-côtes responsables (maltais et italiens) avaient été alertés à plusieurs reprises, mais plutôt que de lancer les secours comme ils sont pourtant tenus de faire en vertu du droit maritime, ils se sont renvoyé la balle et ont laissé les personnes sans assistance, alors que le bateau sombrait. C’est là que plusieurs activistes se sont demandé si les choses auraient pu se passer autrement, si les personnes à bord du bateau avaient pu appeler une ligne indépendante, qui aurait pu dénoncer en direct la situation et exercer une pression immédiate sur les autorités. Le réseau Alarm Phone s’est mis en place et, un an après, la ligne téléphonique solidaire recevait ses premiers appels. En octobre dernier, on fêtait, les 10 ans du réseau et les 8000 bateaux qui nous ont appelés. Dans la rage et la colère. Face à la brutalisation ahurissante du régime des frontières. Face aux morts et au disparus que nous pleurons avec leurs proches. Mais aussi, bien sûr aussi, dans la joie. D’être ensemble. De lutter ensemble. De célébrer chaque « boza » (c'est le cri de joie de celles et ceux qui ont réussi à atteindre leur destination) et la force des personnes qui continuent chaque jour à se battre pour exercer leur liberté de mouvement. Aujourd’hui le réseau compte près de 300 personnes, venu.e.s des quatre coins du monde. Notre horizon, c’est l’égalité des droits et la liberté de mouvement pour toutes et tous, et que la Méditerranée puisse être un espace qui relie et non pas qui divise.
R. : Quelles sont les zones d'action d'Alarm Phone ? Comment ça marche concrètement ?
S. : Sur la ligne d’Alarm Phone, on reçoit des appels de pleins de régions différentes : la Méditerranée, l’Atlantique, la Manche, la frontière entre la Turquie et la Grèce… Le but est de soutenir les personnes en détresse qui très souvent font face à de la non-assistance de la part des Etats ou d'autres types de violences (refoulements dans un pays où les personnes craignent pour leur vie, attaques de garde-côtes…). On alerte les autorités compétentes lorsque ce n’est pas encore fait et on leur met la pression pour qu’elles aillent secourir les embarcations et débarquer les passager.ères dans un lieu sûr, comme le prévoit le droit international. On documente et on dénonce ces violations, et plus largement le régime des visas et les politiques meurtrières de contraintes des mobilités, qui chaque jour sont la cause de décès et disparitions. C’est un grand réseau, et il y a plein d’équipes différentes qui se partagent des tâches différentes : diffuser le numéro d’Alarm Phone, créer du lien avec les communautés, sensibiliser (c’est-à-dire informer les personnes sur les dangers liées à la traversée, en leur donnant des conseils pour se préparer au mieux), répondre aux appels de détresse, poster des alertes sur les réseaux sociaux, écrire des rapports…
R. : Et toi, tu fais quoi ?
S. : Au sein d’Alarm phone, je tiens des permanences téléphoniques et participe à la rédaction de publications sur la région de la Méditerranée centrale. Je fais aussi partie de l’équipe « recherche et suivi » pour la Méditerranée centrale : s’il y a eu un refoulement, si un bateau a disparu ou a fait naufrage, on soutient les familles dans la recherche de leurs proches. S’il y a des survivant.es, on essaie de voir comment les soutenir et, s’iels souhaitent relayer leur voix, on organise des moments de CommémorActions. Les CommémorActions, ce sont des moments très importants pour le réseau. Des moments où nous nous tenons aux côtés des suvivant.es et des familles pour pleurer celles et ceux qui ont disparu aux frontières européennes. Des moments où s’expriment à la fois le deuil et la colère dans un mélange entre commémoration et manifestation. Ces CommémorActions ont lieu régulièrement, de manière centralisée, dans une ville, comme à Oujda et Zaris les années passées, et de manière décentralisées, à l’occasion du 6 février qui est la date anniversaire du massacre de Tajaral lors duquel en 2014, la police des frontières espagnole avait tué au moins 15 personnes qui tentaient de traverser la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Avec ces moments de CommémorAction nous faisons une double promesse : celle ne pas oublier celles et ceux qui ont perdu la vie et lutter contre les frontières qui les ont tué·es et celle de ne pas abandonner. La promesse que nous continuerons à nous battre quotidiennement pour la liberté de mouvement,en exigeant la vérité, la justice et des réparations pour les victimes de la migration et pour leurs familles.
R. : Parmi les bateaux de sauvetage en Méditerranée il y en a un qui attire particulièrement notre curiosité et notre sympathie : c'est le Louise Michel. Tu peux nous dire un mot sur ce bateau et sur tes activités quand tu montes à bord ? S. : Le Louise Michel, c’est un navire de secours civil qui sillonne la Méditerranée centrale depuis 2020. Il a deux particularités. La première c’est qu’il est rose ! Il a été peint à l'aide d'un extincteur par le street-artiste britannique Banksy avant d’être donné à un petit groupe de militant.es. La seconde, c’est que c’est un bateau relativement rapide par rapport aux autres navires de la flotte civile, qui peut arriver très vite sur le lieu du cas de détresse, et parfois d’arriver avant les garde-côtes libyens, ce qui permet d’éviter un refoulement illégal vers la Libye, où les personnes risquent de graves persécutions. De manière générale, quand je navigue, sur Louise ou d’autres bateaux de secours, je m’occupe d’accueillir les personnes survivantes. En gros, il s’agit d’assurer la communication avec les personnes lors du secours, d’organiser la vie à bord une fois que tout le monde est embarqué, d’essayer de comprendre les besoins de chacun.e, et surtout d’informer les personnes sur ce qui les attend une fois qu’elles seront débarquées en Europe et les briefer sur leurs droits. En Europe, c’est souvent pour ces personnes un nouveau parcours du combattant qui s’ouvre, alors on essaie de faire en sorte qu’elles soient le mieux préparées, même si elles sont déjà généralement bien informées. On partage par exemple avec elles le lien du site de welcome2europe. Le Louise Michel, comme son nom l’indique plutôt bien, c’est un projet qui se veut radical et féministe. Féministe, parce que ce n’est pas toujours évident d’évoluer dans le monde de la navigation qui est marqué par une forte tradition patriarcale. Radical, parce que comme pour Alarm Phone, l’approche est celle de la défense de la liberté de mouvement pour toutes et tous. Le discours pour l’abolition du régime des frontières est très clair : c’est une initiative de solidarité transnationale, pas un projet humanitaire.
R. : Un mot pour finir...
S. : Pour finir j’aimerais revenir à la notion d’autonomie des migrations qui me paraît très importante. Dans les médias, on entend beaucoup parler des bateaux d’ONG de sauvetage. En réalité, parmi les personnes qui arrivent en Italie, seules environ 10% (ça varie selon les années) ont été secourues par la flotte civile. Et comme les garde-côtes italiens se sont désinvestis en grande partie de leur responsabilité, en refusant de répondre aux cas de détresse qu’ils jugent trop loin de leurs côtes, beaucoup de personnes comptent sur leur seules forces pour atteindre Lampedusa ou la Sicile. Depuis la Libye, ça fait minimum 300 km en mer, sans parler de tous les risques d’interceptions dont on a précédemment parlé, ce qui se passe avant la traversée, ce qui se passe après… Les efforts que déploient les personnes pour exercer leur liberté de mouvement sont donc colossaux. Malgré des frontières qui n’ont jamais été aussi militarisées, les personnes que les États tentent de priver de ce droit continuent à se déplacer. Au prix de leur vie. C’est une situation complètement absurde, désastreuse mais aussi porteuse d’espoir. C’est la même ambivalence qu’on retrouve dans les luttes aux frontières, face à la rage que provoque chaque vie sacrifiée sur l’autel des politiques migratoires européenne d’un côté, mais aussi d’un autre côté la joie de relier ce qui est divisé. Tant qu’il y aura des frontières et que cette liberté ne sera pas reconnue pleinement pour toutes et tous, nous continueront de nous battre à leurs côtes !
R. : Merci Sophia !
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Sophie-Anne Bisiaux, Commun parce que divisé : le monde à l'épreuve de l'étranger, Éditions Rue d'Ulm 2016 ; En finir avec les fausses idées sur l'immigration, Les éditions de l'Atelier 2021. ↩︎
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Dans Ravages 2 (Lexique : L'appel d'air, page 19) on avait défini ça comme ça : " l’injustice qui permet aux citoyen·nes européennes et nord-américaines de voyager quasiment partout dans le monde, moyennant quelques dizaines d’euros ou de dollars, tandis que, pour d’autres, le voyage à l’étranger n’est accessible que de manière illégale, avec tout ce que cela comporte en termes de coûts et de prises de risque". ↩︎
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Infomigrants (article de la rédaction), Italie : le nombre d'arrivées de migrants par la Méditerranée a chuté en 2024, 3 janvier 2025. Le gouvernement italien se vante d'avoir arrêté 192 mille départs de Libye vers l'Italie. Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), les arrivées en 2024 ont enrégistré une baisse de 58%. ↩︎